Papa est allongé dans la chambre, épuisé par la chimiothérapie de jeudi (J.8). Sur les conseils de l'infirmier passé comme chaque jour en fin de matinée, il a repris un comprimé de morphine.
Nous marchons seuls sur l'esplanade et passons sous l'imposant parvis de l'Hôpital Gabriel Montpied. Nous traversons le hall d'entrée jusqu'à l'un des ascenseurs. 1er étage. Plusieurs infirmières passent faire des soins dans la chambre. Ma mère attend dans le couloir du service de pneumologie, à côté de moi. Elle est élégante.Le bilan hématologique de la veille n'était pas bon, comme le laissait présager l'état de fatigue de mon père. Le Dr. Janicot nous apprend que l'analyse du porte-à-cat retiré le 14 décembre pour cause d'infection a révélé la présence d'un staphylocoque
epidermidis, dont la résistance aux antibiotiques va rendre le traitement difficile. Une infirmière retire la moitié des points et le Dr. prend la décision de supprimer l'injection habituelle de cortisone lors de sa chimiothérapie.
Malgré le maintient de la prise quotidienne de cortisone et une injection de Neulasta, mon père souffre de fortes nausées et de douleurs qui l'ont contraint à s'allonger presque immédiatement après le début du repas de Noël d'hier au soir. L'épuisement de ma mère l'a contraint à faire de même pour tomber instantanément dans une profonde léthargie.
Les feuilles d'ordonnance sont pliées dans un petit carnet bleu posé sur la table du salon. Imprimé sur l'une d'entre elles :
FAIRE PRATIQUER PAR IDE À DOMICILE CONCERNANT LE PICKLINE:SURVEILLANCE QUOTIDIENNE DU PST
REFECTION DU PST TOUS LES 4 JOURS
CHANGEMENT DU PST STABILISATEUR TOUS LES 15 JOURS
CHANGER LES BOUCHONS ANTIREFLUX 1 FOIS PAR SEMAINE
RINCER QUOTIDIENNEMENT AU SERUM PHY 3A 5 CC SUR LES 2 VOIES
(Y COMPRIS SAMEDI, DIMANCHE, ET JOURS FÉRIES)
Dehors, la neige garde le silence sur la rue.
Peu après 21h, mon père a rendu. Il n'avait quasiment pas touché à son assiette. Ses nausées proviennent certainement de la privation de son injection de cortisone en intraveineuse lors de la chimiothérapie de jeudi et du remplacement du Solupred par de l'Hydrocortisone moins dosée. Elles s'auto-amplifient en l'empêchant de s'alimenter suffisamment alors qu'il prend une quantité d'antibiotiques - Rifadine (rifampicine) 300 mg (2 le matin, 2 le soir) et Doxycycline (1 le matin, 1 le soir).